Tabaski à la djiboutienne

Ah la fête du mouton!!! Depuis des années, cette fête n’a toujours eu qu’une seule signification pour moi: férié. Normal, étant chrétien, dans un Etat de surcroît laïc, je ne vois pas quel autre sens il aurait pu avoir. C’est vrai que pour certains, c’est aussi l’occasion de d’assister nos frères musulmans, même quand pendant leur période de jeûne, on ne leur as pas réellement fait de cadeau!

Moi, en ce qui me concerne, je n’ai connu réellement que 2 musulmans, donc pas beaucoup.  Et les deux je les ai connu au collège, si avec le premier l’aventure s’est arrêtée là bas, avec le second, on a continué quand même jusqu’à l’univ. D’ailleurs, lui il était plus musulman sur la forme, sur le fond, c’était une toute autre histoire… Forcément 2 musulmans, en 30 ans c’est peu. Donc chaque année, pour moi « fête du mouton » veut plus dire férié qu’autre chose. Après la seule chose qui m’intéresse réellement (comme tous les camerounais), c’est le positionnement du férié en question, sachant que le jour idéal, est le mardi! Parce que qui dit mardi férié au Cameroun, dit weekend de 4 jours! :), un peu comme cette année.

Cette année, l’événement est un peu particulier, et pour cause, c’est la première fois que je le passe dans un Etat musulman. Et forcément la première fois, ça marque toujours! Ou presque… Parce qu’on a beau dire, finalement les premières fois dont on se souvient facilement sont les premières fois qui sont liées à notre vie amoureuse. Je ne sais pas s’il y’en a qui se souviennent de la première fois où ils sont allés à l’école? De leurs premiers pas, etc… Par contre, si vous dites, premier amour, premier baiser… Curieusement les mémoires deviennent fraîches! 😉

Bon allez revenons en à cette fête de la Tabaski à Djibouti. Déjà ça se fête ici en 3 jours, le jour d’avant la fête on jeûne, le jour de la fête, on fête, et le jour d’après la fête, on rend visite à la famille. Donc, ils n’ont même pas besoin de « pont » pour avoir 3 jours fériés ou pour avoir un long weekend (ah oui en passant, le long weekend a fait 5 jours ici, 3 jours fériés suivis du weekend). Je pense en toute sincérité que sur ce point là on a beaucoup à apprendre. Si pour chacune des fêtes chrétiennes on appliquait ce principe, ça nous ferait toujours au moins 3 jours fériés à chaque fois! Quoi qu’il en soit, en ce qui me concerne, la Tabaski à Djibouti, s’est déroulée à peu de chose près comme la Tabaski à Douala.

Et en fait, ce sont les autres qui m’ont fait réaliser. A force de me demander comment se passe la fête à Djibouti, et moi à force de répondre que ça se passe à la maison, j’ai fini par me rendre compte que mine de rien, on parle d’une fête sur 3 jours en plein Djibouti et même pas un Djiboutien n’a pris la peine de nous inviter… Faut dire que ça change du Ghana, du Sénégal, de la Côte d’Ivoire, etc… où les gens se sont montrés beaucoup plus accueillant là bas. Après j’ai envie de me dire; ça ne fait que 2 mois que nous sommes là, et que le fait qu’on ne soit pas musulman n’a pas dû aider beaucoup mais quand même… Il faut dire qu’ici plus qu’ailleurs, on se sent étranger; la couleur de peau, le dialecte, la réligion, le mode de vie; très vite on se sent différent. Quoi qu’il en soit, au final, en plein Djibouti, j’ai fêté la Tabaski à peu près comme je l’aurai passé à Douala, encore que là bas au moins je serai aller voir mon ami Elie à l’hôpital ou je serait allé saluer la famille.

Néanmoins, réellement intrigué par le sujet, j’ai fini par poser la question à notre chauffeur, Abdoulkani, un chauffeur somalien, ancien instituteur et traducteur qui s’est exilé à Djibouti pour trouver de quoi nourrir sa famille. L’explication donnée est assez surréaliste. Commençons par les femmes; étant dans un pays musulman plutôt conservateur, aucune fille ne nous aurait naturellement invité (bon même s’il faut dire qu’il y’en a eu qui l’a quand même fait avant de changer d’avis). Côté homme, la raison serait elle culturelle. En effet, les fériés, et les fêtes sont également l’occasion pour les hommes de se retrouver entre eux pour « Khater ». Le Khat est une « drogue » locale officielle, qui se vend à tous les bouts de rue et qui est visiblement prisée par tous les hommes. Le phénomène serait national, connu et reconnu de tous. Nous, étant des étrangers, et donc ne « Khatant » pas, on aurait en quel que sorte, perturbé le programme des uns et des autres… 😮 😮 😮

Bon en tout cas, ça ne nous a pas empêché quand même (bah oui) de faire notre part de fête du mouton cabri. Après tout, on reste des camerounais, donc capables de nous adapter à toutes les situations. Par contre, nous on avait personne à inviter donc…

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