1er voyage hors du pays: Un gaou à Abidjan

Ce matin, lors d’une séance de coaching (sur le développement personnel), je racontais aux jeunes (ah oui, on n’est plus jeune nous), les circonstances qui ont conduit à mon premier voyage hors du pays.

Je n’ai jamais été un grand adepte des voyages. Pour cause, la plupart des voyages que j’ai eu à faire, étaient toujours longs (Douala-Bamenda, Douala-Bafoussam, Douala-Yaoundé), et parfois inconfortables (Douala-Bafoussam, Douala-Yaoundé, Douala-Buea). Dans ces conditions, effectivement, difficile d’aimer voyager. D’ailleurs, même au collège, j’étais de ceux là pour qui, aller continuer les études à l’étranger ne disait rien. Même si pour ce cas, ça n’avait rien à voir avec la distance ou l’inconfort; il faut dire qu’être d’une famille de classe moyenne, aidait à garder les pieds sur terre. 🙂 Pourtant, cela ne m’empêchait pas plus jeune de collectionner… les billets d’avion!  Ca me fait sourire rien que d’y repenser. Mon père jusqu’à son grave accident (tiens je le raconterai peut être dans mon premier grave accident), faisait régulièrement la ligne de Malabo où il gérait quelques business, ce qui m’aidait bien entendu à enrichir ma collection.

Une fois à l’université, je suis resté dans la même logique. Plusieurs fois boursier du côté de l’université, il ne m’est arrivé de postuler (sans succès comme par hasard) qu’une seule fois à une bourse à l’étranger. Cependant mon objectif, c’était juste d’aller faire les études et de revenir « me chercher au pays ». Je suis de ceux là qui sont convaincus, qu’avec une expérience à l’étranger il est d’autant plus facile de percer au pays. Je pense que les jeunes ayant étudiés à l’étranger ont une petite marge sur ceux de la Kto et Polytech, qui eux même ont une marge sur ceux de l’Essec, qui eux même ont une marge sur le reste du monde!

Quoi qu’il en soit, les études terminées. Je me suis retrouvé embauché à BMS. Une (très) jeune société, dirigée par mon feu boss (RIP), qui se lançait dans le domaine du conseil. D’ailleurs à l’époque j’étais le 2e employé, et la société ne comptait que 3 personnes (mon boss, Arnaud et moi). Le revenu était  (très, très, très) modeste. Mais ce qui m’avait amené à BMS, c’était la vision de son manager, son projet à long terme, auquel j’avais très vite adhéré. Au quotidien, le choix n’a pas toujours été facile à assumer, notamment la pression externe (tout le monde ou presque me rappelait que j’étais un Cathozard…Grrrr). Ce d’autant plus que le travail n’était pas du genre 8h-18h… Très souvent on bossait tard, weekend inclus. Je confirme, pour travailler dans une TTTPE, il faut avoir le cœur…. et aussi de la chance.

La chance, je l’ai eu. J’avais effectivement la chance d’avoir un boss, qui avait fait toute sa carrière au niveau international – d’ailleurs, il était une référence dans le domaine – et donc avait une vision en terme de gestion, différente de ce que j’avais vu jusque là, dans la majorité des PME camerounaises.

Venons en à ce fameux premier voyage. 🙂

Mon boss et moi avions, au prix de quelques nuits blanches, préparé une présentation commerciale pour une grosse société de la place. C’était également la première fois que j’allais faire une présentation chez un client (Près d’une heure devant un DRH et son équipe, avec séance de questions réponses à l’appui!). Quel stress! Je vais passer les détails de la dites présentation (tiens à raconter peut être dans ma première présentation :p). Toujours est-il qu’après la présentation, mon boss m’a dit qu’il avait apprécié ma présentation (C’est à ce moment qu’un gars fait un gros ouf dans le cœur) et m’a demandé si j’avais toujours mon passeport (On m’avait demandé d’en faire un un an et demi plus tôt à mon recrutement). Je lui ai dit oui. Il m’a demandé d’aller le chercher, parce qu’il m’emmenait avec lui le lendemain à Abidjan pour une présentation semblable qui devrait avoir lieu en fin de semaine dans le cadre d’un appel d’offres.

Il faut dire qu’en terme de premier voyage, je ne m’étais jamais rien imaginer, mais je ne pensais pas que ce serait aussi brutal. 🙂 Un mélange d’émotions bizarre. Déjà un voyage! En plus un voyage, fruit de mon travail! Et comme si ça ne suffisait pas, le lendemain!!! Donc pas le temps de rêvasser! La préparation du voyage commençait là là là!!!

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Hahaha!!! Je me souviens de la tronche de mes parents lorsque je leur ai dit que je voyageais et que je partais le lendemain… Ils s’en sortaient aussi mal que moi. Effectivement le lendemain j’étais dans un avion direction Abidjan avec mon boss et sa femme. Et c’est ainsi que s’est fait mon premier voyage hors du pays (aussi bêtement que ça). Comme, c’est le cas pour 99,9% des gens qui quittent le pays pour la première fois, la traditionnelle photo dans l’avion n’a pas manqué! Je ne parlerais pas de toutes les autres photos, toutes aussi farfelues les unes que les autres! Routes, ponts, télévision, lit, toilettes, chats, chiens… J’ai quasiment pris en photo tout ce que je voyais!!!

D’ailleurs, pour l’occasion c’était aussi la première fois que je dormais dans un hôtel (Novotel). Je me souviens également de ma tête lorsque j’ai vu le prix de la nuitée de la chambre (avec vue sur la lagune). Le montant était quasiment 2 fois supérieur à ce que je percevais mensuellement à l’époque… Rien que ça.

Lors de notre premier déjeuner dans cet hôtel, la femme de mon boss (donc mon actuel boss), m’avait senti impressionné. J’aurais pu tourner le film « Un gaou à Abidjan ». J’étais calme et serein, bien sûr, mais effectivement impressionné. Elle m’a dit que tout ça ce n’était rien et que le tout c’était de garder les pieds sur terre. Nous sommes en mars 2010. Depuis cette première expérience, j’ai eu l’occasion de voir d’autres horizons, même si Abidjan est restée ma destination préférée (J’y suis retourné chaque année depuis 2010). :)

Et c’est cette expérience que je partageais avec les jeunes. Une expérience qui vous mûrit, et aussi qui change, voir qui fausse le regard que les autres peuvent poser sur vous.

Le thème du débat c’était « Begin with the end in mind », 2e habitude du livre à succès de Stephen Covey (Les 7 habitudes des gens qui réussissent tout ce qu’ils entreprennent). Je pense que dans la vie il :

– Faut savoir ce qu’on veut, savoir où l’on va, et se donner les moyens d’y arriver (parfois contre vent et marrées);

– Ne faut jamais, mettre l’argent avant le travail, parce que c’est le travail qui donne l’argent et non l’inverse;

Et au delà de tout, le plus important, rester soi. :)

Ça ne veut pas dire que je suis déjà sorti de la galère, j’y travaille encore, mais on va dire que j’ai connu pire…

PS: Cette expérience, me fait toujours penser à 3 personnes: Lyse Dyne, Christelle et Denise!

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