S’il y’a une chose qui est quasi certaine dans ce monde, c’est que les nouvelles générations sont toujours plus précoces que les anciennes. Ceci dit, c’est souvent ce que les générations précédentes ont accompli qui permet aux générations suivantes de l’être. Par exemple si en 2017, les enfants ont des smartphones dès leur plus bas âge, c’est entre autre parce qu’en 1973 le docteur Martin Cooper a inventé le téléphone portable et surtout parce qu’en 1876, Alexander Graham Bell avait inventé le téléphone. Merci Google.

Avant, on ne sautait pas trop les classes…

Pareil côté éducation. Nos parents nous ont tous raconté comment à leur époque, on recevait les félicitations du village lorsqu’on obtenait son CEP à l’âge de 17 ans! Obtenir le bac à 22/23 ans donnait quasiment droit à une bourse à l’étranger. D’ailleurs le chef du village se déplaçait personnellement pour venir voir ce « jeune » qui faisait honneur à ses terres. Cependant, parce qu’étant allé à l’école, nos parents en ont compris l’importance et nous y ont donc envoyé plus tôt (Ps: Au Cameroun l’âge d’entrée légal à la maternelle est de 4 ans). Du coup se retrouver à 21 ans entrain de faire le BAC était devenu synonyme de ratage de vie. Mais là encore c’était avant…

Mais ça, c’était avant…

Parce qu’avant quand on était très brillant, on pouvait esquiver 2 classes: la SIL et le CM2. Les autres classes, génies ou pas, on les faisait toutes. Ma mère estimait que même ça, c’était trop. Pour elle, ça ne servait sert (elle n’a toujours pas changé d’avis) à rien de sauter les classes. « Les enfants courent qu’ils partent où? » disait’elle. J’ai donc fait toutes les classes qu’il était possible de faire: crèche, maternelle, primaire (SIL au CM2) et secondaire jusqu’à redoubler même quand il a fallu redoubler. Quand ses amies parlaient de leurs enfants brillant qui avaient eu le CEP à 8 ans, moi du haut de mes 10 ans je faisais grand père.

Mais comme je disais plus haut, même ça, c’était avant. Les choses ont quelque peu évolué. A tel point que de nos jours, en une seule année, un enfant peut faire 2, voir 3 classes, si ses encadreurs estiment qu’il en est capable. Le « Pythagore camerounais, le petit Jean Pierre Mambingo en est une illustration.

  • Né en 2006
  • Petite section maternelle à 2 ans et demi
  • Sil à 3 ans et demi
  • CEP à 5 ans et demi
  • BEPC à 8 ans
  • 1ère C à 10 ans

Crédit Image: https://thisisafrica.me

C’est vrai que là, on est un peu dans l’extrême. Mais c’est un exemple de ce qui peut arriver. Ceci dit, pour le cas présent, je précise que les parents du petit génie ont dû faire preuve de persévérance parce que pour pouvoir composer les différents examens, il a fallu obtenir à chaque fois des dérogations spéciales auprès des autorités.

Alors la question que je me pose et que je vous pose: pensez vous qu’il faille faire sauter des classes aux enfants?

Pas de traces du plus jeune bachelier camerounais…

Pour y répondre, je me suis demandé ce qu’étaient devenus nos enfants précoces les plus « célèbres ». Bizarrement pas de traces du jeune Bamba qui est officiellement connu comme plus jeune bachelier camerounais (Bac obtenu à 12 ans en 2006). Encore moins de traces de Gaël Seni Toum et de Audrey Mpot Menam, qui l’année dernière étaient, à 13 ans, respectivement candidats au BAC D et au BAC A. Plus aucun articles sur eux et même sur Facebook pas moyen de les retrouver, pour leur demander ce qu’ils sont devenus… Extrêmement dommage parce que leur point de vue aurait été intéressant…

C’est bien si…

Parce que moi en ce qui me concerne, les quelques personnes précoces que j’ai connu ne sont pas ce que je peux appeler des modèles de réussite. Pire, certains sont devenus des étudiants lambda moribonds comme tout. Non pas qu’ils étaient devenus idiots, mais il n’avaient tout simplement pas su s’adapter à l’environnement extra-universitaire. Ceci dit, pour revenir à la problématique de départ, je pense qu’en soit, faire sauter les classes aux enfants n’est pas forcément une mauvaise chose. Pour ça il faudrait que certaines conditions soient réunies:

  1. Que des évaluations soient faites pour s’assurer que l’enfant a effectivement un niveau intellectuel supérieur à son niveau « normal »;
  2. (Le plus important) Que l’enfant soit mis dans des conditions lui permettant d’évoluer d’un point de vue scolaire sans pour autant s’égarer d’un point de vue social, psychologique, émotionnel et même mental. C’est souvent le point que les parents négligent/oublient. Ils sont tellement contents de voir leur bébé de 15 ans aller à l’université qu’ils oublient que ses camarades du quotidien seront plus âgés. De ce fait il y’a de fortes chances qu’il se retrouve à faire des choses qu’un enfant de son âge ne devrait pas: cigarette, alcool, sexe, etc. Je ne parle même pas des provocations, moqueries, frustrations qui pourraient le mettre mal à l’aise et provoquer un repli sur soi qui fera de lui un psychopa… Bon là j’exagère déjà un peu. 

Donc oui, le cadre est important. Ce n’est pas pour rien que dans les pays développés, il existe des écoles pour enfants précoces qui prennent en compte ces paramètres et permettent aux enfants de s’épanouir dans des conditions appropriées.

A titre d’exemple, le père de notre Pythagore national a finalement dû retirer son fiston de l’école pour s’en occuper à domicile avec des répétiteurs parce qu’il avait « des problèmes d’incompatibilité » avec les autres élèves. En même temps quelle compatibilité peux tu avoir lorsque tu as 10 ans alors que tes camarades en ont 16/17/18?

Au delà de tout, ce qu’il faut retenir, c’est que la vie c’est un tout et que ceux qui réussissent ne sont pas forcément les premiers à l’école, c’est surtout ceux qui arrivent à trouver le bon équilibre dans tous les aspects de la vie, aussi bien sur le plan scolaire qu’extra scolaire.

J’aurai voulu terminer en vous recommandant quelques écoles pour surdoués au Cameroun, mais je n’en ai pas trouvé. Donc si vous en connaissez… On ne sait jamais qui ça peut aider… 🙂

Xstian Tchoupi

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12 commentaires

  1. édifiant, si tu peux avoir le père de Pythagore ou Pythagore lui meme pour une interview ce serait excellent
    en plus très souvent les enfants aussi doués a l’université sont lancés dans des filières comme mathématiques , physique pourquoi? je ne saurais le dire..moi mon avis est tranché la dessus je suis pour un cursus normal de l’enfant..

    Aimé par 1 personne

    1. J’ai vu le père de Pythagore là à la tv, il a l’air nerveux hein… Mais effectivement, c’est vrai que ce serait intéressant de discuter un peu avec lui. Je vais voir si je peux faire ça. Surtout qu’il est apparemment dans la zone de Makepe. Sinon comme tu dis l’autre point qu’il faut noter c’est que les petits génies là vont toujours dans les filières « de calcul » où il y’a une certaine logique… Effectivement pas sûr qu’ils s’en sortent sur des filières litteraires avec genre la philosophie où tes résultats sont fonction de l’appréciation du prof..

      J'aime

    2. Hello Chouchou. A mon humble avis, les « génies » excellent mieux dans les filières scientifiques (Maths et Physiques surtout) parce que là-bas tout est plutôt cartésien et universel. Si tu connais et appliques les principes, tu as les points! Si on compose une épreuve de mathématiques ici, un prof japonais ou australien peut la corriger et il donnera certainement la même réponse/solution qu’un autre prof belge ou sénégalais… J’exagère peut-être un peu mais c’est un peu çà l’idée.
      D’autre part, ces matières ne font pas trop appel à la sensibilité et à la maturité de l’élève qui la rédige. Il lui est demandé d’appliquer « bêtement » ce qui lui a été enseigné…

      Aimé par 1 personne

  2. Hello Tchoupi! Ça faisait longtemps que je n’avais pas eu l’occasion de critiquer et saboter un de tes écrits! Krkrkrkrkrkrrk attends je lappp d’abord!!!!
    Plus sérieusement, le sujet que tu traites ici est très pertinent. De nos jours il est très difficile de déterminer la limite à ne pas franchir dans l’éducation de nos enfants.
    Pour ma part, et sur ce point je suis d’accord avec toi, il ne faut pas dissocier les capacités intellectuelles de l’enfant et son adaptation sociale, psychique et même physiologique au milieu dans lequel il évolue.
    On a malheureusement trop banalisé l’école ces dernières années. J’en veux pour preuve les multiples changements de programmes scolaires et de système éducatifs! Plus personne ne s’y retrouve, les enseignants y compris. Essayez de discuter un peu avec directeur d’école primaire ou un surveillant général de collège. Si vous avez un peu l’esprit ouvert, vous comprendrez le goufre dans lequel nous sombrons…
    Toujours est-il que le danger de trop sauter les classes est réel. Le risque de déséquilibre est grand, surtout si le parent n’a pas les compétences ni le recul nécessaire pour encadrer son enfant après l’école.
    Éduquer un enfant c’est lui donner les bases d’instruction dont il a besoin pour évoluer et les principes d’éducation qui guideront ses choix plus tard.
    Parole d’une maman qui s’inquiète vraiment pour ses enfants…..

    Aimé par 2 people

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