Malia

Je découvre que j’ai ce Fibrome lors d’une visite de routine chez le Gynécologue. Auparavant j’avais des règles hyper douloureuses, qui certainement était le signe que quelque chose n’allait pas…

J’avais beaucoup entendu parler de cette maladie mais j’étais loin de m’imaginer que je pouvais l’avoir. Je me disais c’est quoi cette maladie à la « mode », pourquoi tellement de femmes en souffrent ? Alors j’ai commencé à faire des recherches sur ses causes, ses conséquences et traitement. Alors je découvre que jusqu’ici les causes n’ont pas encore été véritablement établies.

Il s’en suit donc une série d’examens à faire pour moi. Par la suite, je décide de changer d’hôpital et donc de gynécologue. Ici l’un des hôpitaux de référence pour ce type de cas est l’Hôpital Gynéco Obstétrique et Pédiatrique de Yaoundé. J’y vais et je rencontre une brave Dame Médecin Gynécologue Obstétricienne pour qui j’ai beaucoup d’admiration aujourd’hui. À sa demande je refais une Echographie pelvienne pour confirmer le diagnostic précédent et par la suite une HSG.

Il y’a un fibrome qui est assez gros et qui comprime l’une de mes trompes…

Après avoir parcouru mes résultats, elle me dit qu’effectivement il y a un fibrome qui est déjà assez gros et qui comprime l’une de mes trompes. Il faut envisager une intervention chirurgicale, c’est la seule solution. « Si vous le laissez, il va continuer à prendre du volume… ». Je suis à la fois choquée, triste et effrayée. Je me dis donc c’est si grave !?

Elle me pose d’autres questions en rapport avec mon cycle menstruel. Je lui dis j’ai très mal pendant ma période. Ça me rend presque malade. Les douleurs sont insupportables. Elle m’explique que les règles douloureuses sont parfois liées à quelque chose d’anormal.
« Avez-vous l’impression que la douleur a augmenté avec le temps ?« 
Ma réponse est Oui.
À ce moment, elle me parle d’une autre complication, l’Endométriose.
J’avais quelques semaines avant, regardé un reportage sur cette maladie et j’avais une petite idée de ce que c’était.

Je lui dis, « Docteur j’ai peur, je n’ai aucune envie de me faire opérer. Je n’ai même pas encore d’enfants… »
« Ça peut justement vous empêcher de concevoir, pensez-y…« 
Je ressentais de plus en plus le désir d’être mère. Je voulais porter la vie en moi.
Je décide donc de me lancer en me disant ce fibrome ne peut m’en empêcher.

Des mois plus tard, bonne nouvelle, je suis enceinte…

Des mois plus tard, bonne nouvelle, je suis enceinte. Quel bonheur!
Je retourne voir mon gynécologue pour lui annoncer et parler de la suite…
Je me souviens qu’elle était un peu surprise.
Elle m’a donné rendez-vous pour les premières visites prénatales et des examens supplémentaires à faire.

Les premiers mois se sont déroulés normalement, j’ai eu des maux de grossesses communs à toutes les femmes…
Lors de ma première échographie, je me suis renseignée sur la position du fibrome par rapport au bébé.
« Tout va bien, le fibrome est situé hors de la cavité utérine, il est sous séreux. Mais il se peut qu’au fur et à mesure de l’évolution de votre grossesse vous ressentez des douleurs car le fibrome peut davantage prendre du volume…« 
A peine le 2e trimestre entamé que j’ai commencé à ressentir des douleurs de plus en plus croissantes.
Ça m’a valu une première hospitalisation.
J’en aurai 4 au total et une journée passée aux urgences de l’hôpital.

A chaque hospitalisation, je faisais une échographie.
Toujours avec cette question qui ne me quittait plus,
« Est-ce que mon bébé va bien ?« 
J’avais besoin d’être rassurée et je devais continuer à me battre contre la douleur, tout comme ma Fille se battait elle aussi, contre ce fibrome qui lui avait pris un peu sa place.
Je lui disais de tenir, qu’on allait s’en sortir.
Nous étions fortes.
Le diagnostic était le même à chaque fois, « Fibrome en Nécrobiose ».
C’était des épisodes tellement douloureux qu’il fallait des médicaments à la hauteur de la douleur pour me soulager (Tramadol, Profenid…)
Vers la fin de ma grossesse j’avoue ces médicaments ne me soulageaient plus comme il le fallait.
Je souffrais atrocement et je me souciais de mon bébé, qui elle grandissait dans cet environnement. J’avais peur de l’impact que tous ces produits pouvaientt avoir sur sa santé.

Les douleurs étaient de plus en plus insupportables mais je m’accrochais, je voulais que mon bébé naisse à terme...

C’est ainsi que j’ai passé presque toute ma grossesse clouée au lit. Je n’arrivais plus à rien faire. Maman était venue m’assister, c’est elle qui s’occupait de tout… Mes proches quant à eux s’inquiétaient tous de mon état. Ils ne comprenaient pas comment une grossesse pouvait être aussi difficile (Perte de poids, douleur, fatigue extrême, manque d’appétit, anémie…). À l’hôpital j’étais devenue la patience la plus « connue ». Mon gynécologue toujours disponible. J’appelais, je laissais des messages, je posais des questions… Elle avait mis d’autres médecins sur le coup pour rester en alerte.

Lors d’une discussion vers le 6e mois, elle m’a dit qu’il fallait déjà envisager une possibilité d’accouchement par césarienne.
« Docteur allez-vous faire une Myomectomie pendant cette intervention ? » Lui ai-je demandé.
« Non, c’est trop risqué, je ne pourrai pas le faire. Vous allez revenir 6 mois après votre accouchement pour cela… »
Lors de ma dernière crise, j’avais de fortes contractions, je me suis une fois de plus rendu à l’hôpital. Le diagnostic révélera une menace d’accouchement prématuré. Il fallait donc stopper de toute urgence ces contractions pour permettre au bébé de se développer encore. Les douleurs étaient de plus en plus insupportables mais je m’accrochais, je voulais que mon bébé naisse à terme. À mon dernier rendez-vous à l’hôpital, j’allais à ma 39e semaines de grossesse, mon médecin décide de programmer ma césarienne.
C’était le ouf de soulagement, je savais que la fin était proche.
J’étais alors impatiente de rencontrer ma Fille, ma Battante.

L’accouchement s’était bien déroulé.
Tellement bien que mon gynécologue avait fait d’une pierre deux coups finalement.
Je ne sais pas exactement ce qui s’est passé ce jour du 30 Septembre 2019 au bloc opératoire, comment pendant la césarienne elle avait réussi à trouver la faille, pour enlever ce fibrome qui m’avait fait autant souffrir.
Je n’en revenais pas !
Pour moi c’était un miracle. Mon bébé avait accompli une mission importante dans ma vie.
Je débordais d’émotions,
J’étais Maman et j’étais guérie.

Six semaines d’éternité et elle s’en est allée mon petit Ange…

Au final, c’était quatre hospitalisations, une journée aux urgences…
J’avais appris de cette belle expérience.
J’ai mené mon plus beau combat au nom de la Vie.
J’étais fière de moi, j’étais fière d’elle.

Six semaines d’éternité et elle s’en est allée mon petit Ange.
Ma Fille, ma plus belle leçon. Tu m’auras permis de vivre les plus grandes émotions, d’accomplir la plus belle chose qui soit.
Je porte à jamais les traces indélébiles de ton passage.
Tu m’as fait Mère et pour toujours.
Merci d’avoir été là,
Merci de m’avoir choisi moi.
Tu es partie je préfère le dire ainsi.
Dors ma Malia, ma petite Reine et de la haut souviens-toi de moi.
Maman t’aime !
Je t’ai aimé depuis le premier jour.
Je t’aimerai toute ma vie et même au-delà.
Le départ de Malia m’avait brisé.
J’avais perdu une partie de moi.
Mon sang, ma chair.

À travers le regard de chaque enfant que je croisais, je demandais de porter un message à ma petite Championne, mon Héroïne.

Malia…


Si vous aussi, vous avez un texte que vous souhaitez partager, mais que vous êtes trop timides pour… N’hésitez pas à me contacter. 🙂

Xstian Tchoupi

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